Le féminisme s’écrit au quotidien

De chaleureux mercis à tous ceux et celles qui nous ont déjà soutenues. Grâce à elles et eux, la somme récoltée nous permet d’ores et déjà de faire imprimer le bouquin. Pas encore de financer un diffuseur, mais nous ne doutons pas de résoudre ultérieurement ce problème… Nous travaillons à cet ouvrage depuis bientôt deux ans, il est prêt à paraître, il n’attend plus que votre soutien. Faites un geste ! Vous ne le regretterez pas, promis. Car, oui ! nous sommes convaincues que la lecture de cet ouvrage foncièrement collectif va titiller votre ciboulot.

Pour vous en convaincre, quelques extraits de notre conclusion, intitulée « Le féminisme s’écrit au quotidien ».

 

« Quoi de neuf depuis 2004 ? En confrontant l’état des lieux à la fin du XXe siècle que l’écriture de ce livre nous a remis en mémoire, et nos expériences postérieures, nous répondrions : les droits des femmes ont progressé.

Ça paraît une boutade. De mauvais goût en outre, puisque la relecture des infos des années 1999-2004, déjà absolument effarantes, confirme que la situation des femmes a régressé. Pourtant, les faits sont là : les gouvernants mondiaux ont, pour la plupart, compris qu’il était plus profitable de voter des lois en faveur des droits des femmes, car cela leur laisse toute liberté de ne pas les respecter. Au sein des institutions, le concept de genre s’est imposé. Levée d’un tabou ? Pas vraiment, car ce concept est devenu un lieu commun, qui circonscrit le débat dans des limites consensuelles. Exit le patriarcat, exit le machisme. Les lois sont signées, la messe est dite. Dans la pratique, la « tradition » peut continuer d’occuper le terrain et perpétuer les discriminations.

(…) Aux Pénélopes nous avions, sans attendre que la mode s’en répande, dénoncé les ravages du néolibéralisme, des plans d’ajustement structurel à la destruction des services publics. Nous insistions sur le fait que les femmes, en particulier celles des pays pauvres, les subissent de plein fouet, car ils transforment la gestion du quotidien en cauchemar et attisent les violences domestiques. Cette distinction s’est noyée dans la critique de l’économie mondiale, plus que prédominante, phagocyte. Le néolibéralisme, ce nouvel épouvantail, semble avoir absorbé tous les autres maux. A peine si on parle encore de racisme. De féminisme, il n’en est pas question. La solidarité, maître mot de l’époque, s’arrête là où commencent à se poser les questions gênantes. (…) Le féminisme, voix discordante non par principe mais par nécessité, voix transgressive, gâche l’exquise sensation de fusion que procure la lutte commune contre un ennemi clairement défini. (…) Et si cette obsession d’un consensus rassurant appauvrissait l’analyse ? Les débats y perdent en subtilité, et les luttes en ambition.

(…) A la naissance des Pénélopes, nous avions décidé de nous emparer, comme d’un outil de lutte, des nouvelles technologies de l’information et de la communication – les TIC. Un acronyme prémonitoire ! Car, tel l’acarien parasite, les TIC se sont incrustées dans la peau de nos contemporain-es, se nourrissent, si ce n’est de leur sang, de leur substantifique moelle, et transmettent une maladie contagieuse : la confusion des esprits. (…) Les TIC n’ont pas été développées par des philanthropes œuvrant à la conscientisation de l’humanité ! Non seulement, elles engraissent des multinationales et les trafiquants, contribuent à détruire les lois régissant le travail, offrent un moyen efficace de contrôle policier et militaire, mais elles uniformisent les esprits. (…) Briseuses de tabous, les TIC ? Bien au contraire, outil de consommation du pré-pensé, de la normalisation du pire, au service de l’idéologie dominante, celle du vieux mâle, blanc, hétérosexuel, grosso modo en harmonie avec le monde tel qu’il va, du moins pas assez en disharmonie pour envisager d’en revoir les bases.

La mondialisation aussi forcenée qu’artificielle a aussi imposé son rythme. Tout s’accélère, un clou chasse l’autre, il devient difficile de distinguer les vraies urgences des coups montés, de s’affranchir du superficiel pour creuser un concept – ou juste de se poser un instant pour solliciter son esprit.

Le féminisme tel que nous le concevons en souffre forcément, lui qui impose de revenir aux fondamentaux : les sociétés se sont construites sur des rapports de domination.

(…) Cela signifie-t-il qu’il faille bouter les TIC hors du champ des luttes ? Certainement pas. Plus que jamais, non ! Alors, ne nous laissons surtout pas abuser par l’illusion de l’universalité : les luttes se vivent toujours au quotidien, là où le vécu les inspire, là où l’imagination stimulée par l’urgence reprend le pouvoir. Dans le réel. Aussi, continuons à nous détacher des modèles et des normes, et à nous emparer des TIC comme outil critique et véhicule de nos mémoires, de nos savoirs. »

 

Lire la conclusion en entier, pages 103-106 : http://www.scribd.com/fullscreen/185118563?access_key=key-1f9uxhdfn6ppeqjdnlgz&allow_share=true&escape=false&view_mode=book

 

Pour celles et ceux qui manqueraient l’échéance, il est toujours possible de souscrire en envoyant un chèque du montant de votre choix (à l’ordre de Émulsion) à l’adresse :

Émulsion – Dominique Foufelle

87, avenue de Pézenas – 34320 Roujan

 

 

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