« LES PÉNÉLOPES : UN FÉMINISME POLITIQUE 1996-2004″: RENCONTRE AVEC JOËLLE PALMIERI ET LAURENCE VOUILLOT LE VENDREDI 21 NOVEMBRE À 19H 
À LA LIBRAIRIE VIOLETTE AND CO., PARIS

profilQuelques féministes de la fin du XXe siècle ouvrent en 1996 un site d’information et de commentaires, un webmagazine, de géopolitique du féminisme. Le pourquoi des Pénélopes était de tisser des liens entre les féministes, et plus largement les femmes du monde. D’échanger, réfléchir, agir – ensemble. Dans la même dynamique, les auteurs de l’ouvrage « Les Pénélopes : un féminisme politique 1996-2004″ ont convié des féministes de divers horizons à dialoguer sur les multiples méfaits du patriarcat, leur évolution et les résistances que nous pouvons leur opposer. Préfacé par Geneviève Fraisse, le livre rassemble des articles et entretiens qui s’articulent autour d’un choix d’informations et « coups de gueule », et des témoignages actuels de femmes qui ont participé à l’aventure ou qui apporte leur point de vue.
http://www.violetteandco.com/librairie/spip.php?article736
Pour en savoir plus sur l’ouvrage : https://penelopespolitique.wordpress.com
Table des matières : https://penelopespolitique.wordpress.com/2013/11/11/sommaire/
Liste des auteur-es : Malin Björk, Hélène Didier, Dominique Foufelle, Christina Haralanova, La Luna, Annie Matundu Mbambi, Lin McDevitt-Pugh, Emmanuelle Piron, Joelle Palmieri, Corinne Provost, Florence Thémia, Damien Tissot, Beatriz Vélez, Laurence Vouillot
Pour toute communication avec la librairie, merci d’écrire à : violette@violetteandco.com
Ouverture du mardi au samedi de 11h à 20h30 et le dimanche de 14h à 19h (fermée le lundi).
Catalogue et commandes en ligne : http://www.violetteandco.com/librairie/
Pour retrouver tous les événements, des photos et vidéos des 10 ans de la librairie, rendez-vous sur le blog : http://10ans-violette.over-blog.com.


Un cahier-souvenir est à votre disposition à la librairie pour recueillir vos témoignages.

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Pourquoi ce livre ?

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De février 1996 à avril 2004, l’Agence de presse internationale féministe Les Pénélopes a relayé tous les mois sur le web (anciennement penelopes.org) des informations émanant de réseaux de femmes en lutte ou en mouvement dans le monde entier. A travers brèves d’actualité, agenda des actions, critiques de livres, reportages, portraits, articles de fond, dossiers thématiques et chroniques, l’agence laissait grandes ouvertes ses colonnes à des femmes sur des sujets tels que les conflits armés, les violences sexuelles, la prostitution, la pornographie, les droits, l’immigration, le travail, l’économie, le politi­que, la santé, l’éducation, la communication, l’art, les féminismes, l’histoire des femmes… Chaque édition mensuelle du magazine électronique confrontait faits et analyses. Elle s’ouvrait sur une Humeur, « coup de gueule » sur l’actualité en marche.

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Deux des co-fondatrices de l’agence ont choisi de partir de ces humeurs pour ré-ouvrir un débat féministe contemporain. Soucieux-ces de faire œuvre de mémoire, quatorze auteur-es de sexes, d’horizons, d’âges, d’origines sociales et ethniques multiples se sont associé-es pour rédiger ce livre.
Nous avons tou-tes ensemble souhaité confronter nos points de vue avec une envie partagée de rendre compte que les actualités d’il y a un peu moins de vingt ans valaient qu’elles soient encore aujourd’hui discutées, visibilisées, et politisées.

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Cet ouvrage s’organise autour de trois thématiques, proposant douze entretiens inédits accompagnés d’une sélection d’Humeurs, elles-mêmes éclairées par des brèves d’actualité publiées pendant huit ans d’Histoire féministe.

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Dominique Foufelle et Joelle Palmieri

Le féminisme s’écrit au quotidien

De chaleureux mercis à tous ceux et celles qui nous ont déjà soutenues. Grâce à elles et eux, la somme récoltée nous permet d’ores et déjà de faire imprimer le bouquin. Pas encore de financer un diffuseur, mais nous ne doutons pas de résoudre ultérieurement ce problème… Nous travaillons à cet ouvrage depuis bientôt deux ans, il est prêt à paraître, il n’attend plus que votre soutien. Faites un geste ! Vous ne le regretterez pas, promis. Car, oui ! nous sommes convaincues que la lecture de cet ouvrage foncièrement collectif va titiller votre ciboulot.

Pour vous en convaincre, quelques extraits de notre conclusion, intitulée « Le féminisme s’écrit au quotidien ».

 

« Quoi de neuf depuis 2004 ? En confrontant l’état des lieux à la fin du XXe siècle que l’écriture de ce livre nous a remis en mémoire, et nos expériences postérieures, nous répondrions : les droits des femmes ont progressé.

Ça paraît une boutade. De mauvais goût en outre, puisque la relecture des infos des années 1999-2004, déjà absolument effarantes, confirme que la situation des femmes a régressé. Pourtant, les faits sont là : les gouvernants mondiaux ont, pour la plupart, compris qu’il était plus profitable de voter des lois en faveur des droits des femmes, car cela leur laisse toute liberté de ne pas les respecter. Au sein des institutions, le concept de genre s’est imposé. Levée d’un tabou ? Pas vraiment, car ce concept est devenu un lieu commun, qui circonscrit le débat dans des limites consensuelles. Exit le patriarcat, exit le machisme. Les lois sont signées, la messe est dite. Dans la pratique, la « tradition » peut continuer d’occuper le terrain et perpétuer les discriminations.

(…) Aux Pénélopes nous avions, sans attendre que la mode s’en répande, dénoncé les ravages du néolibéralisme, des plans d’ajustement structurel à la destruction des services publics. Nous insistions sur le fait que les femmes, en particulier celles des pays pauvres, les subissent de plein fouet, car ils transforment la gestion du quotidien en cauchemar et attisent les violences domestiques. Cette distinction s’est noyée dans la critique de l’économie mondiale, plus que prédominante, phagocyte. Le néolibéralisme, ce nouvel épouvantail, semble avoir absorbé tous les autres maux. A peine si on parle encore de racisme. De féminisme, il n’en est pas question. La solidarité, maître mot de l’époque, s’arrête là où commencent à se poser les questions gênantes. (…) Le féminisme, voix discordante non par principe mais par nécessité, voix transgressive, gâche l’exquise sensation de fusion que procure la lutte commune contre un ennemi clairement défini. (…) Et si cette obsession d’un consensus rassurant appauvrissait l’analyse ? Les débats y perdent en subtilité, et les luttes en ambition.

(…) A la naissance des Pénélopes, nous avions décidé de nous emparer, comme d’un outil de lutte, des nouvelles technologies de l’information et de la communication – les TIC. Un acronyme prémonitoire ! Car, tel l’acarien parasite, les TIC se sont incrustées dans la peau de nos contemporain-es, se nourrissent, si ce n’est de leur sang, de leur substantifique moelle, et transmettent une maladie contagieuse : la confusion des esprits. (…) Les TIC n’ont pas été développées par des philanthropes œuvrant à la conscientisation de l’humanité ! Non seulement, elles engraissent des multinationales et les trafiquants, contribuent à détruire les lois régissant le travail, offrent un moyen efficace de contrôle policier et militaire, mais elles uniformisent les esprits. (…) Briseuses de tabous, les TIC ? Bien au contraire, outil de consommation du pré-pensé, de la normalisation du pire, au service de l’idéologie dominante, celle du vieux mâle, blanc, hétérosexuel, grosso modo en harmonie avec le monde tel qu’il va, du moins pas assez en disharmonie pour envisager d’en revoir les bases.

La mondialisation aussi forcenée qu’artificielle a aussi imposé son rythme. Tout s’accélère, un clou chasse l’autre, il devient difficile de distinguer les vraies urgences des coups montés, de s’affranchir du superficiel pour creuser un concept – ou juste de se poser un instant pour solliciter son esprit.

Le féminisme tel que nous le concevons en souffre forcément, lui qui impose de revenir aux fondamentaux : les sociétés se sont construites sur des rapports de domination.

(…) Cela signifie-t-il qu’il faille bouter les TIC hors du champ des luttes ? Certainement pas. Plus que jamais, non ! Alors, ne nous laissons surtout pas abuser par l’illusion de l’universalité : les luttes se vivent toujours au quotidien, là où le vécu les inspire, là où l’imagination stimulée par l’urgence reprend le pouvoir. Dans le réel. Aussi, continuons à nous détacher des modèles et des normes, et à nous emparer des TIC comme outil critique et véhicule de nos mémoires, de nos savoirs. »

 

Lire la conclusion en entier, pages 103-106 : http://www.scribd.com/fullscreen/185118563?access_key=key-1f9uxhdfn6ppeqjdnlgz&allow_share=true&escape=false&view_mode=book

 

Pour celles et ceux qui manqueraient l’échéance, il est toujours possible de souscrire en envoyant un chèque du montant de votre choix (à l’ordre de Émulsion) à l’adresse :

Émulsion – Dominique Foufelle

87, avenue de Pézenas – 34320 Roujan

 

 

Au bonheur des échanges

Les initiatrices du projet qui, avouons-le, croient très fort à l’utilité de leur travail, comptent sur vous pour soutenir ce travail. Mais pas seulement. Les quatorze autres auteur-es, qui, avec enthousiasme, ont accepté de participer à l’entreprise, sont fier-es du soutien déjà manifesté et ne doutent pas qu’il va s’étendre.

 

Au fait d’où est venue l’idée d’un ouvrage collectif ?

Elle s’est imposée comme une évidence. La force des Pénélopes résidait justement dans le collectif. Généralement, pour composer ce type d’ouvrage, il est d’usage de demander des contributions à des personnes dont on reconnaît l’expertise en la matière. Ou encore, de les interviewer. Nous avons procédé autrement : nous avons proposé à des femmes, et un homme, vivant un peu partout dans le monde, de nous interviewer. Pas pour nous faire raconter nos aventures, ni recueillir nos savantes analyses sur les femmes, le féminisme, encore moins pour lancer les violons de la nostalgie. Il s’agissait d’une invitation à dialoguer autour des thèmes sur lesquels, tout au long de l’existence de l’agence, nous avons planché et lutté. Parfois ensemble, car nous avons sollicité des « anciennes » des Pénélopes. Parfois chacune à notre manière, car nous avons aussi interpellé des féministes que nous avions côtoyées sur d’autres fronts, voire qui ne connaissaient pas l’agence. Nous leur avons suggéré des thèmes dont nous savions qu’elles les avaient inscrits dans leurs priorités. Comment les Pénélopes les avaient-elles abordés ? L’analyse restait-elle pertinente à la lumière de la réalité sociale d’aujourd’hui ? Comment la réactualiser ? Nos interlocutrices avaient à charge de retranscrire l’échange, sur le mode et le ton qui leur convenaient.

Ne boudons pas notre plaisir : ces échanges furent des moments délicieux, aussi stimulants humainement qu’intellectuellement. Force fut souvent de dresser un constat accablant, car dans des domaines comme les violences ou les droits économiques, par exemple, la situation des femmes n’a fait que régresser depuis 2004. Mais la pensée féministe résiste et s’affine. Et ça, c’est une bonne nouvelle !

 

Ne gâchons pas votre plaisir. Voici un des quatorze entretiens : « Les Pénélopes vues d’Ithaque », par Damien Tissot, pages 37-40

 

Les temps changent ?

Tiens ! Revoilà le 8 mars. Journée internationale des femmes. Le jour idéal pour nous rappeler à votre bon souvenir. Et pour vous, de décider de soutenir un bouquin résolument féministe ! Vous êtes déjà nombreux-ses à avoir souscrit mais nous sommes encore très loin du compte. Alors ne nous oubliez pas, prenez les cinq minutes utiles à cette souscription… Faites un geste et le livre vivra.

Le livre contient une sélection de brèves d’infos, parmi les centaines que nous publiions dans le web magazine des Pénélopes. Le genre d’infos qui font rarement la une des médias, même si elles concernent des milliers de femmes dans le monde. Des infos, aussi, qui permettent de mesurer rétrospectivement l’évolution des droits et des conditions de vie des femmes.

Un exemple ?

 

ImageSinistre rapport du FNUAP

Les chiffres du dernier rapport du Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP) sont alarmants, particulièrement ceux concernant les femmes : plus de 500 femmes meurent chaque jour à travers le monde des complications liées à la grossesse. Environ 1/3 de toutes les grossesses, estimées annuellement à 80 millions, sont involontaires ou non désirées. Une femme sur trois est violentée au cours de sa vie, le plus souvent par un proche. Les femmes, pour des raisons aussi bien sociales que physiques, sont davantage exposées que les hommes à l’infection par le VIH/sida et en Afrique, le nombre de femmes séropositives dépasse de 2 millions celui des hommes. L’exploitation sexuelle des femmes est le domaine du crime organisé qui se développe le plus rapidement et 2 millions de filles de moins de 15 ans sont obligées, chaque année, de se livrer à la prostitution. 130 millions de jeunes filles et femmes ont subi des mutilations génitales. 5000 sont victimes chaque année de « crimes d’honneur », la plupart du temps après le « déshonneur » d’avoir été violée. 4 millions sont achetées ou vendues chaque année pour le mariage ou la prostitution ou l’esclavage.

À votre avis, de quand date cette info ? Du Moyen Age ? Du début du XXe siècle ? Des années 1950 ? Non : d’octobre 2000.

Voyons maintenant ce que nous dit le FNUAP aujourd’hui… Selon les statistiques les plus récentes (2010 et au-delà), 200 millions de femmes dans le monde souhaiteraient utiliser une contraception mais n’y ont pas accès ; 800 femmes meurent chaque année durant leur grossesse ou leur accouchement ; 40% des quelque 6 000 personnes se découvrant atteintes du VIH par jour ont de 15 à 24 ans, dont un forte majorité de jeunes filles ; etc.

Certes, les temps changent… mais dans quel sens ?

 

Lisez toutes les brèves: https://penelopespolitique.wordpress.com/2013/11/12/feuilleter-2/

 

Vous avez dit « humeur » ?

Quelques semaines après le lancement de notre demande de soutien, nous souhaitons vous faire part de notre humeur. 

Chaque édition mensuelle du web magazine des Pénélopes s’ouvrait sur une Humeur. Autrement dit, un « coup de gueule » sur un fait d’actualité. Pour sélectionner le sujet du mois, nous avions l’embarras du choix : la féministe est susceptible, elle voit le mâle partout. Mais nous ne nous contentions pas d’exprimer notre colère, nous l’argumentions. Reconsidérée à la lumière du féminisme, l’info la plus banalisée prend du sens et interroge. Ces Humeurs, outre un espace où laisser avec délectation libre cours à notre mauvais esprit, représentaient une invitation à changer de point de vue pour s’approprier l’information.

En avant-goût, une Humeur de saison, publiée en mars 2001 et signée Joëlle Palmieri.

 

8 mars : opportunité des publicistes ?


Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils n’ont pas froid aux yeux, ces branleurs d’images et de slogans ! A en consulter uniquement le courrier électronique que nous avons reçu à l’occasion de la Journée internationale des femmes, la chasse est ouverte… Consommatrices, e-business women, cadres sup, et nous… sommes la proie d’une élite médiocre qui se jette sur les événements comme la petite vérole sur le bas clergé. Une fête comme les autres, ce 8 mars, puisqu’un coquin a même poussé le bouchon jusqu’à jeter une passerelle avec la fête des mères ! Et qu’on nous propose en vrac jobs dans des start-up prometteuses (“ nous avons reçu votre CV ”, ah bon ?), comités d’entreprise personnalisés (???), maquillage, kits de voyage (“ safaris zen ” !), chocolat…On nous a même exceptionnellement demandé notre avis concernant le futur maire de Paris : “ Mesdames, si vous n’aviez qu’une seule chose à demander pour améliorer votre vie quotidienne à Paris : que demanderiez-vous, en tant que femme, en priorité au futur maire ? ” Et en tant que “ monchien ”, on demanderait quoi ? Mais, messieurs, pour qui donc nous prenez-vous ? Pour des abruties, tellement plongées dans leurs couches-culottes et leurs soucis du repas et du câlin du soir, qu’on en perd tout discernement ? Et pour qui prenez-vous les mecs ? En considérant Les Pénélopes, sans nous lire, comme de la presse féminine puisqu’on parle gonzesses, vous excluez une grande part de notre lectorat. Eh oui ! les temps changent… Même des hommes lisent notre prose ! Par contre, s’il y a bien un sujet auquel vous vous intéressez : c’est leur bitte ! Pour preuve, cette innommable pub trouvée dans Entrevue pour vous vendre à vous, chers lecteurs, des loisirs par internet. N’avez-vous pas l’impression qu’on vous prend pour des bittes en réduisant votre possible habilité à réfléchir à votre organe le plus extérieur, seulement apte à fourrer tous les trous pour échapper à l’ennui ? Bon, j’arrête sinon je vais devenir vulgaire !

 

à lire aussi https://penelopespolitique.wordpress.com/2013/11/12/feuilleter-2/, pages 30-31

 

Merci à vous

Il aura fallu quelques semaines pour que plus d’une vingtaine de souscripteurs manifestent leur soutien enthousiaste au projet. C’est très émouvant! La générosité des donateurs et donatrices et leur complicité ouvre beaucoup d’horizons et laisse entrevoir un enrichissement, bien au-delà des objectifs initiaux de l’ouvrage.

Nous vous en remercions.

Pour tous ceux qui ne sont pas encore passés à l’acte prenez le temps de feuilleter le livre: http://www.scribd.com/fullscreen/185118563?access_key=key-1f9uxhdfn6ppeqjdnlgz&allow_share=true&escape=false&view_mode=book

Vous pourrez ainsi partager nos moments d’émotion mais aussi d’intenses actions contre le sexisme, le fascisme ordinaires.

 

En cadeau, un extrait de notre introduction:

« 2012. 2004. Pas d’anniversaire. Une envie. Celle de transmettre toujours et encore. Un pan de vie personnelle et collective. Et une passion. Travailler ensemble tout en rencontrant des personnes, et en particulier des femmes en lutte, partout dans le monde. Parler, échanger, écrire, diffuser, publier, sans cesse. Etre féministe tout simplement. Expliquer la vie quotidienne avec un point de vue situé où tout prend sens, où le privé croise le public, partout, est politique, sans équivoque. C’est ce que les Pénélopes se sont attachées à faire quand nous y étions de 1996 à 2004 et que nous avons tenté de renouveler en construisant cet ouvrage.

Nous sommes parties de l’idée de transmettre une époque, son ambiance, un des féminismes qui l’a traversée. Ce qui s’est imposé : nos humeurs. C’est à dire nos éditoriaux mensuels. Nos coups de gueules. Ils prenaient à partie les guerres en cours, le sexisme ordinaire des mouvements sociaux, des institutions, de la vie quotidienne… Ils s’exaltaient sur les rares bonnes nouvelles que nous réservait l’actualité que nous connaissions. Nous nous sommes vite rendu compte que ces coups de gueule étaient tellement subjectifs – par définition – qu’ils ne pourraient rendre compte à eux seuls d’une situation. Alors nous avons décidé de nous attaquer au grand chantier des brèves d’actu. Nous en publiions soixante-quinze par mois. Afrique, Amérique Latine, Amérique du Nord, Asie, Europe, Proche Orient, toutes s’appliquaient à informer les lecteur-trices des horreurs comme des évolutions qui construisaient le quotidien de l’égalité hommes-femmes. D’un point vue institutionnel comme personnel. Des corps de petites filles chinoises transportées clandestinement dans des valises percées de petits trous à l’introduction de la pilule du lendemain au Cameroun en passant par les manifestations nocturnes pour la paix des Femmes en noir un peu partout dans le monde les exemples ne nous manquaient pas. […] »